FIV et grossesse

Le jour où je devins maman

On est venu me chercher à 7h du matin pour me monter en salle de travail.
Moniteur sur le ventre, allongée, mon mari à mes côtés.
On m’installe cette satané perfusion au poignée.
Et on me met une sorte de cachet dans le vagin afin de commencer le travail … et là je dois attendre, attendre, attendre …
On m’ausculte, le travail se fait doucement.
Deux ou trois heures plus tard, l’infirmière revient et me remet un cachet !
Je dois encore attendre … à jeun bien sûr …
Le temps passe relativement vite.
Vers midi l’infirmière, voyant que le travail se faisait lentement, me propose de redescendre et d’aller manger mon petit déjeuner. Ce que je fais avec grand plaisir.
Je devais remonter 1h plus tard environ.
Oh joie, Oh bonheur, on me met à disposition une grande baignoire. Je demande à mon mari de descendre les volets car en face de cette baignoire une immense baie vitrée … Je me déshabille et je prend un bon bain bien chaud. Il paraît que ça favorise le travail.

Ma baignoire personnelle

Après quelques heures, l’infirmière me redonne la permission de retourner dans ma chambre afin de me reposer.
Je m’allonge et je m’endors … mon mari aussi.
Je me réveille avec une très forte douleur dans le bas ventre. Je dirais que cette douleur ressemblait aux douleurs de règles, mais un peu plus intenses.
Je respire comme me l’avait appris la sage femme et je reste calme.
Mon mari se réveille et part appeler une infirmière. Me voyant respirer, souffler … elle m’apporte une chaise roulante et je remonte en quatrième vitesse.
La sage-femme ne se donne pas la peine de m’ausculter, elle me propose la péridurale.
Tout c’est parfaitement bien passé, l’anesthésiste était formidable, une petite gêne mais aucune douleur.
Le temps que cela fasse effet et je me suis apaisée.
Mon mari regardait le moniteur en me disant quand avaient lieu les contractions que je ne sentais plus.
Et là, nous attendons de nouveau …
Une sage-femme me rompt la poche des eaux et me sonde afin de me faire faire pipi.
Nous voyons le cœur de mon bébé ralentir, puis repartir, puis de nouveau ralentir.
Nous appelons le personnel soignant, qui se concerte … ils décident de faire un gaz du sang à mon bébé. Cela consiste à lui piquer le haut du crâne qui était assez bien visible.
Au vu des résultats une décision s’impose : Je dois subir une césarienne.
Je ne peux pas vous dire ce que j’ai ressenti, la pression de toute cette journée, l’angoisse permanente pour mon enfant depuis des mois … tout à coup j’ai suffoqué, l’air ne passait plus dans mes poumons. Mon mari a pris peur et, me voyant paniquer,  a demandé au personnel présent de m’aider … Une personne est venue vers moi et m’a demandé de me calmer. D’essayer de respirer lentement et l’air est revenu.
Après tout a été très vite, j’ai été amené en salle d’opération, j’avais très soif et j’étais nauséeuse. Une infirmière m’a donné un liquide à boire pour ne pas vomir et on m’a humecté les lèvres avec un coton imbibé d’eau.
On m’a tendu les bras en croix  de chaque côté et endormi totalement le bas du corps.
L’obstétricien m’a demandé si je sentais quelque chose. Mon mari est arrivé à ce moment là. Au moment où mon fils est né.
Il était 23h44 et je suis devenue maman.
On m’a apporté mon bébé quelques secondes, j’ai pu lui faire un bisou sur le front et ils l’ont amené en salle d’examen suivi de près par mon mari.
Je suis restée une bonne heure dans la salle d’opération. Le temps de me recoudre etc Je vous passe la fouille au corps au sens littéral !
Suivi de la salle de réveil et du retour dans ma chambre … seule !

Samuel

Pipi ou pas pipi ?

Vous saviez qu’après une péridurale, on perd momentanément le contrôle de sa vessie ?
A 6h du matin, une infirmière vient me réveiller et me demande de me lever (dur quand on a subit une césarienne la veille à 23h44), j’ai mis un temps fou à sortir du lit.
Puis je demande à aller aux toilettes … mais là, impossible pour moi de faire pipi …
Je demande à l’infirmière qui me dit de réessayer plus tard.
N’y arrivant toujours pas, j’appelle le personnel en pleure. La veille, être sondée sous péridurale ne me gênait pas mais là c’était une autre histoire.
Vous avez déjà vu une sonde ? Un long tuyau tout fin inséré dans un endroit aussi gros qu’une tête d’épingle … Je n’en menais pas large !
Finalement je n’ai absolument rien senti mais mon histoire de pipi n’était pas terminé.
Je devais y arriver seule car l’infirmière avait bien voulu me dépanner une fois, mais pas deux !
Elle m’a donc conseillé d’y aller, de ne penser à rien ou de lire, de faire couler le robinet à côté de moi et de mettre les pieds dans une bassine d’eau …
J’obtempère et ma bassine d’eau était en réalité un urinoir à lit …
Au bout d’une demie journée j’ai retrouvé le contrôle de ma vessie.
J’ai mis un bon mois avant de ne plus forcer pendant la miction.

Un trésor bien caché !

Quand son enfant est en réanimation sous surveillance, c’est tout un protocole pour être près de lui.
Je pense que les coffres de la banque de France sont moins protégés !
Le lendemain midi je me sens la force de monter, en chaise roulante bien sûr, n’oublions pas que la veille au soir j’avais subi une césarienne.
J’arrive au bout du couloir et je me retrouve devant une porte avec un interphone. Je sonne, j’attend .. et une voix de femme me demande qui je suis venue voir.
Je me présente et dit que je viens voir mon fils pour la première fois. Elle nous dit de rentrer, de passer dans le sas et de nous laver les mains avec du savon et gel hydro-alcoolique, de mettre des sur-chaussures et une blouse bleue.
Nous sortons de cette petite salle étriquée et nous rentrons dans le cœur du service. Plein de portes colorées, aux couleurs gaies. Derrière une porte coulissante se trouve mon bébé, dans sa petite couveuse.
Je suis nerveuse de le voir, la peur avait fait place à la joie. J’allais rencontrer mon bébé. Ce petit inconnu qui m’avait été arraché la veille au soir après 8 mois de cohabitation plein de tendresse.

Un bébé tout petit
Dans sa petite couveuse

Dépossession de son rôle de maman !

Je rentre dans cette pièce, je vois le prénom de mon enfant sur la petite couveuse et plein de machines branchées dessus.
Je regarde par la petite vitre et découvre un petit bouchon, un tout petit bouchon.
Ah, je ne vous l’avais pas dit mais mon fils est né à 1kg980 pour environ 43 cm.
L’infirmière chargée de s’en occuper me dit que je peux ouvrir la petite fenêtre et le toucher, le caresser. Mes gestes sont gauches, je n’ose pas vraiment.
Et ses satanés machines qui bipaient sans arrêt …
Mon fils est resté un mois à l’hôpital en tout et pour tout.
Pendant toutes ces semaines j’ai eu le droit à quelques peau à peau (rares moments où je pouvais avoir mon fils dans mes bras), on nous a appris à changer ses couches dans sa couveuse, et autres petits soins. Je devais demander l’autorisation avant chaque soin. Suivre les heures de soin et rendre des comptes.
Il est sorti de sa petite couveuse à 3 semaines. C’est à ce moment là que j’ai commencé à prendre quelques initiatives, à le prendre dans mes bras sans demander l’autorisation.
J’ai dû peu à peu apprendre mon rôle de maman. Des gestes si anodins pour toutes les mamans du monde, qui, pour des mamans de bébés hospitalisés, ne se font pas naturellement.
Nous aimons nos bébés, plus que tout d’ailleurs, mais il y a un apprentissage plus long et fastidieux. Nous devons reprendre confiance en soi et apprendre à vivre sans les bips si effrayants et rassurants de ces machines, sans infirmière pour nous seconder dans le quotidien et surtout vivre tout simplement 24/24h avec notre bébé.
Ce bébé qui lui a vécu son premier mois dans un service bruyant, empli de lumière et qui était bercé et chouchouté par tout le personnel médical quand ses parents rentraient chez eux.
Nous devons apprendre à connaître ce bébé au quotidien …

3 commentaires sur “Le jour où je devins maman

  1. la césarienne, je l’ai vécu car moi je ne ressentais pas les contractions et que j’ai une maladie neuro, du coup ils ne voulais pas prendre de risque ( du coup, je pense a faire un article tiens merciiiii)

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    1. Oui tu devrais, excuses moi pour cette réponse tardive, la blogueuse en carton que je suis n’avait pas vu ton commentaire. 😦
      J’ai super vécu ma césarienne, je n’en garde aucun mauvais souvenir vraiment.
      J’ai juste eu une grosse angoisse quand on me l’a annoncé et ma respiration s’est coupée une bonne minute mais après ça a été lol

      J'aime

Répondre à mamanattachianteetsesloustics Annuler la réponse.

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